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Bitcoin : actif refuge ou canal de stress de marché ?
La correction récente du bitcoin pose une question qui dépasse largement la seule sphère crypto.
Durant la première semaine de février, l’actif a chuté de près de 15 % en quarante-huit heures, cassant les 70 000 dollars puis frôlant les 60 000, un niveau inédit depuis seize mois, avant un rebond technique vers 69 000 dollars. La baisse atteint près de 50 % par rapport au sommet de 126 000 dollars inscrit en octobre. En quelques jours, près de 700 milliards de dollars de capitalisation se sont évaporés sur l’ensemble du marché des cryptomonnaies. S’agit-il d’une simple correction spéculative ou d’un changement de régime ?
Le point marquant : aucune faillite systémique. Rien de comparable avec le choc FTX de 2022, provoqué par l’effondrement de l’une des plus grandes plateformes d’échange, qui avait entraîné le gel des retraits et une crise de confiance systémique dans tout l’écosystème. Cette fois, la secousse est venue du marché lui-même.
Le déclencheur est clair : retour brutal de l’aversion au risque, correction des valeurs technologiques, repli des métaux précieux, raréfaction de la liquidité. Dans ce contexte, le bitcoin n’a pas amorti le choc comme beaucoup l’espérait. Ila amplifié le mouvement. La volatilité implicite a bondi à des niveaux rarement observés hors période de crise. Les indicateurs de sentiment sont tombés en zone de peur extrême. L’actif supposé diversifiant s’est comporté comme un accélérateur de stress.
La mécanique interne a fait le reste. Les positions à effet de levier ont été liquidées en chaîne, alimentant les ventes forcées. Les ETF bitcoin au comptant ont enregistré des sorties nettes sensibles sur plusieurs séances. Certes, la majorité des encours tient encore. Mais un constat s’impose : l’institutionnalisation ne supprime pas la procyclicité, elle la redistribue.
L’extension du risque vers le marché monétaire
Le sujet devient macro-financier avec les stablecoins. Ces instruments, devenus une brique clé de la liquidité crypto, sont largement adossés à des bons du Trésor américain de court terme. En phase d’entrées de capitaux, ils soutiennent mécaniquement la demande de dette souveraine. En phase de retraits, ils imposent des ventes. La crypto ne reste plus confinée à son écosystème : elle touche désormais la tuyauterie du marché monétaire en dollars.
Le paradoxe est frappant : la fuite devant la volatilité crypto peut, à la marge, créer des frictions sur l’actif sans risque mondial. Présenté comme une valeur refuge alternative, le bitcoin apparaît, dans les faits, comme un actif de tension, hypersensible aux cycles de liquidité. Le débat n’est plus doctrinal. Il est empirique : que vaut cette protection quand la tempête arrive ?
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