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Madrid au coeur des projets de croissance de Banque Heritage

Après avoir franchi le cap des 6 milliards de francs d’AuM au premier semestre, la banque privée genevoise envisage de s’implanter dans la capitale espagnole pour soutenir son développement en Europe.

Banque Heritage a réalisé au cours des six premiers mois de 2026 un revenu opérationnel net consolidé de 43,8 millions de francs, en hausse de 9,1% sur un an. Dans le détail, le produit des commissions a progressé de 9,3%, à près de 21,6 millions, porté par les opérations sur titres et les placements. Les revenus des opérations sur intérêts se sont quant à eux enrobés de 8,5%, à 14,4 millions, tandis que le résultat des opérations de négoce a gagné 2,1%, à 6,8 millions, fait savoir mercredi dans un communiqué l’établissement genevois, qui souffle cette année sa 40e bougie.

Les coûts se sont alourdis de 8,8% en glissement annuel, à 33 millions de francs, en raison de la hausse des charges de personnel (+11,6% à 22 millions), alors que les frais administratifs ont augmenté plus modestement, (+3,5% à 11,1 millions). 

Une hausse que le directeur général Marcos Esteve explique principalement par les investissements consentis pour soutenir la croissance de la banque. Ceux-ci portent en premier lieu sur le recrutement de nouveaux banquiers privés, un levier que le dirigeant qualifie de «nerf de la guerre» dans le développement de l’institution.

En parallèle, l’établissement initialement créé pour gérer le patrimoine de la famille Esteve poursuit un programme de modernisation de ses infrastructures informatiques. Celui-ci prévoit notamment le remplacement de sa plateforme technologique d’ici à 2028. La banque investit également dans le développement de son offre de services, notamment dans les prestations de family office, afin de proposer à ses clients une vision consolidée de l’ensemble de leur patrimoine, y compris lorsque celui-ci est réparti entre plusieurs prestataires.


Cap des 6 milliards d’AuM franchi


Les actifs sous gestion (AuM) ont poursuivi leur progression au cours des six premiers mois de 2026, mais à un rythme moins soutenu qu’à la même période un an plus tôt. Par rapport au bouclement du dernier exercice, ils se sont étoffés de 7,5% pour s’établir à 6,2 milliards de francs fin juin, portés par des entrées nettes (NNM) de 265 millions, contre 445 millions un an
auparavant. 

Dans un entretien accordé à L’Agefi, Marcos Esteve a réaffirmé à ce propos vouloir «doubler la masse sous gestion tous les cinq ans grâce à une croissance annuelle des actifs de 15%, également répartie entre la performance des marchés, le développement de la clientèle par les banquiers déjà en place et le recrutement de nouveaux gestionnaires de fortune».

Au niveau géographique, les AuM sont répartis principalement entre l’Amérique latine (35%), l’Europe (30%), la Suisse (20%) et le Moyen-Orient (8%), selon des chiffres consolidés intégrant la filiale bancaire que le groupe détient en Uruguay.


Accès au marché unique depuis l’Espagne


Après s’être concentrée l’an dernier sur le rachat des parts d’un actionnaire minoritaire Banque Heritage a l’intention de remettre l’accent sur la croissance externe, avec plusieurs projets d’acquisitions à l’étranger.

L’établissement étudie notamment l’acquisition d’une licence d’agent de valeurs à Madrid, dans le cadre des contraintes réglementaires européennes liées à l’entrée en vigueur de la directive sur les exigences en capitaux (CRD6) qui impose aux établissements de pays tiers – dont la Suisse – la présence d’une filiale physique dans le marché unique. Selon Marcos Esteve, cela «renforcerait le développement auprès de la clientèle latino-américaine», la capitale espagnole constituant également un point d’entrée vers cette région.

Il indique par ailleurs étudier des opportunités de croissance externe en Amérique latine et au Moyen-Orient, qui demeure un axe de développement à long terme, sous réserve d’accalmie du contexte géopolitique.

Miser sur son coeur de métier

Interrogé sur la consolidation du secteur bancaire, Marcos Esteve relativise l’idée formulée par le passé, selon laquelle la pérennité d’un établissement privé était soumise à une taille critique. Selon le dirigeant, la discipline du modèle d’affaires et la rentabilité doivent l’emporter sur le volume d’actifs sous gestion. Le CEO qualifie l’actuel rendement sur fonds propres de «tout à fait respectable», sans s’épancher sur les détails. Il souligne que sa banque constitue le principal outil d’investissement de la famille actionnaire, un élément qui contribue à préserver son indépendance.

Ce positionnement repose notamment sur l’absence de produits maison. Jean-Christophe Rochat, directeur des investissements (CIO), présente cette architecture ouverte comme un facteur de différenciation, qui «permet de sélectionner des solutions externes sans privilégier des fonds internes». Ce choix limite également les besoins en ressources dédiées à la gestion de produits et, par conséquent, les charges fixes, fait valoir le responsable

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